Histoire 6

CHAPITRE 4: LES DOCTRINES POLITIQUES AUX TEMPS FÉODAUX

En 843: signature du Traité de Verdun
Ce traité donne les fondations de l’Europe actuelle. Ces royaumes sont fixés à partir de 843.
Cela marque le début de la fin pour les carolingiens. Il n’y a pas d’Etat unifié mais un éclatement en seigneuries.
Le phénomène de féodalité n’est pas trop marqué en Allemagne car il y a une plus grande résistance à la féodalité mais ce phénomène est marqué en France.

Schématiquement, le lien féodal vassalique est un contrat bilatéral par lequel un seigneur concède à un vassal un fief contre diverses obligations (service militaire); juridiquement, le lien est double: personnel (lien vassalique d’homme à homme) et réel (né de la concession du fief).

A partir du IV ème siècle, ces liens personnel et réel sont jumelés (fusion totale), on devient vassal pour posséder une terre.
Le contrat vassalique remonte à une très haute époque: V ème, VI ème siècle. C’est  un contrat formaliste, ordonné. Le respect des formes est vital.
=> Il y a l’hommage prêté par le vassal à son seigneur.
=> Il y a également le serment de fidélité.

Il y  également plusieurs rites:

=> Le cas de la dation des mains: le vassal s’agenouille devant le seigneur qui prend les mains du vassal.
Cela crée le lien de subordination du vassal au seigneur.
Il y a une déclaration de volonté qui renforce cela.

=> Le serment de fidélité: le vassal jure fidélité au seigneur.

=>Le baiser sur la bouche: lien d’affection.
=> Le vassal prête serment soit sur les Évangiles soit sur les reliques.
Le seigneur lui remet un objet symbolique: « l’investiture »: gant, couteau…Le seigneur concède le fief à son vassal.
Tout l’Occident fut tranché à des degrés divers. La féodalité va devenir grande en Occident.
L’Eglise va être partie prenante au système féodal.
Des évêques vont devenir seigneurs par la suite. La Papauté arrivera toujours à garder son contrôle.

Xème siècle: effondrement de l’Empire Carolingien
Tout le monde est seigneur de quelqu’un ainsi que le vassal de quelqu’un.
Il y a disparition de la puissance publique.
Des ecclésiastiques vont devenir vassaux des seigneurs laïcs et vont se mêler de la vie interne de l’Eglise.
Des problèmes nouveaux apparaissent: la simonie: trafic, achat de biens ecclésiastiques.
Certains hommes d’Etat vont vouloir acheter aux seigneurs des charge ecclésiastiques =>simonie.

L’Eglise est intégrée dans la pyramide féodale. Il y a un développement de la simonie qui touche l’Eglise au Xème siècle.
Cependant il y a un deuxième problème: le nicolaïsme: Nicolas (diacre).
Dans son sens: les clercs qui se marient.
Dans son sens, relâchement des mœurs qui touchent les hommes d’Eglise.

Le siècle le plus noir est le X ème siècle, il touche une part non négligeable de l’Eglise et touche à la Papauté.
Le Pape Jean XII cumule tout sur lui. On atteint un degré terrible:
=> profonde réforme de l’Eglise: simonie/ nicolaïsme.
C’est le cas de la pédophilie et le cas du célibat des prêtres.
Au tout début, cette notion de célibat n’existe pas. Cela n’a pas de caractère obligatoire: c’est un choix.

Au IV ème siècle, le célibat des clercs est évoqué. La césure Orient/Occident se fait sentir.
En Occident: on généralise le célibat des prêtres.
1ère justification=> choix économique, c’est un problème de patrimoine. Quelle serait la place des biens économiques?

XII ème siècle: en Occident, obligatoire.
N’est pas consubstantiel au Christianisme.

Épiscopat: en Orient=> IV, V ème siècles, les Papes célibataires ont fait le choix de ne pas se marier par conséquent ils restent célibataires.
Les Papes mariés restent mariés.

Au X ème siècle: l’Eglise connait une période de désagrégation.
Il va apparaitre au fin fond norostérique, Cluny .
=> La réforme Grégorienne afin de nettoyer les maux de l’Eglise.

Au XI ème siècle: relèvement de l’Eglise: sacerdotalisme.

Section 1: Le triomphe du sacerdotalisme

Au XI ème siècle, le Spirituel prend un temps le zénith sur le Temporel.

§1: La réforme grégorienne

C’est un vaste mouvement de réforme 1050-1120.
Cette réforme sauve l’Eglise. Elle trouve son origine dans une abbaye: celle de Cluny fondée en 910, à la suite d’une donation du Duc d’Aquitaine.
Ce monastère se développe: l’abbé est le chef du monastère, mère.
Il va y avoir des filiales et des sous filiales au centre.

1050: des clunisiens portent la réforme. Il faut retrouver l’ordre, l’autorité du Pape.

1049: Léon IX est un Pape qui entreprend le mouvement.

Le Pape Grégoire VII: Papauté qui dure 12 ans.

Il y a plusieurs objectifs:
1) Libérer la Papauté de l’Empereur et des laïcs germaniques.
2) Mettre fin à la simonie et au nicolaïsme « nettoyer l’Eglise ».
3) Le Pape Léon IX et Nicolas II font en sorte que désormais il revient à l’Empereur de choisir.

1059: Le Pape Nicolas II fait en sorte que le Pape soit élu par des cardinaux.
Il s’agit d’une tentative pour l’affranchir de cotutelle temporelle. Il interdit aux ecclésiastiques de recevoir une église des mains des laïcs et d’obtenir des charges ecclésiastiques contre de l’argent.

1073: Le Pape Grégoire VII va plus loin.

1054: chiisme : séparation définitive entre l’Eglise d’Occident et l’Eglise Orthodoxe.
La Papauté s’affirme et rompt avec l’Eglise orthodoxe et le Pape Grégoire VII va plus loin.

1074: Le Pape Grégoire VII commence à renouveler la condamnation du nicolaïsme et de la simonie.

1075: Le Pape Grégoire VII interdit aux Évêques de recevoir la charge, contre l ‘épiscopat d’un laïc.
« c’est la querelle des investitures ».

Il y a l’ordre: le sacerdoce.
Il y a aussi la dimension temporelle: l’évêque a un ordre, il est chef de l’Eglise. Concernant la question de la charge, c’est sur un laïc qui donne. Maintenant, c’est le Pape qui donne à la fois l’ordre et la juridiction. Les laïcs n’ont pas à s’en mêler.
Le Pape va aller plus loin sur le plan spirituel « dictatus papae »: l’Edit du Pape: 27 articles qui affirment la primauté pontificale et il fait connaître les principales prétentions contenues.

Article 9:  « Tous les fidèles doivent baiser les pieds du seul Pape » (seulement aux pieds du pape , tous les princes s’inclinent)
=> rite de l ’adoratio pratiqué dans le Bas-Empire que les empereurs romains vont instaurer au IIIème siècle.
=> Dioclétien impose ce rite à Rome.
=> Cérémonial très précis: on doit s’aplatir et on doit baiser le bout de la chaussure et de la toge.
=> C’est un privilège énorme.
Cela remonte à l’Empire Iranien (zoroastrien) afin de renforcer le prestige.
Les princes doivent se montrer comme les inférieurs c’est le symbolique.

Article 12 « il lui est permis de déposer les Empereurs »: seul le Pape peut déposer l’Empereur par conséquent lui retirer son pouvoir.

Article 18: « sa sentence ne doit être réformée par personne et seul il peut réformer la sentence de tous »
Cet article affirme la souveraineté des décisions pontificales. Personne ne peut revenir sur la décision prise par le Pape.

Article 19: « Le Pape ne peut être jugé par personne »

Article 27: « Le Pape peut délier les sujets du serment de fidélité fait aux injustes ». Le Pape peut délier qui il veut au moment opportun.

C’est le programme de Grégoire VII.
Au niveau politique, le Pape est au sommet des princes et des rois. Le Pape Grégoire VII met tout ça en place et cherche à l’appliquer. Il attaque tous les princes dont l’Empereur germanique. Pape et l’Empereur germanique Henri IV.

Grégoire VII met en application son texte. L’  Empereur germanique ne détient pas la cote.
=>1er conflit: sources Évêque de Milan.
Henri IV rappelle l’ordre du Pape.
Henri IV réunit les évêques de l’Empire en 1076 afin de déposer le Pape de sa propre autorité par les évêques germaniques. Un mois plus tard, le Pape dépose l’Empereur et l’excommunie (excommunication).
Il relève tous les vassaux afin qu’ils ne soient plus liés aux seigneurs. La sentence pontificale porte. L’Empereur va se retrouver tout seul.

Janvier 1077: sa seule chance est de se soumettre au Pape.

Hiver 1077: Le Pape est dans sa résidence d’hiver à Canossa, Grégoire VII l’aurait laissé 3 jours dans sa résidence.
L’Empereur implore le pardon au Pape, il s’humilie devant le Pape. Grégoire VII va accepter de pardonner mais c’est une grosse erreur!

En 1080, le Pape redépose l’Empereur, Henri IV est en position de force, il fait élire un autre Pape.
Il chasse Grégoire VII de Rome. Il va envoyer des mercenaires normands pour reprendre Rome: des compagnies de mercenaires.

1085: Grégoire VII  meurt fatigué en Italie. La Papauté est vaincue.
Poussée des prétentions du Spirituel sur le Temporel.

Idée que le Pape est supérieur à tous les princes parce que le Pape a le pouvoir des clefs.
Idée que le Christ avait remis le pouvoir des clefs à St Pierre.
On a prétendu que Dieu lorsqu’il a confié son église à ST Pierre, il a voulu faire exception aux rois.
Les rois n’échappent pas au pouvoir des clefs:
=> pouvoir de lier et de délier les sujets. Seul le Pape a le pouvoir suprême de relever la sanction pour tout le monde.
Idée d’une primauté du sacerdoce: le pouvoir ecclésiastique est supérieur au pouvoir temporel car il est détenu, il donne la sainteté et a une origine : une source divine.

§2: La lutte du sacerdoce et de l’Empire.

Au cours des XII ème et XIII ème siècles, la Papauté va élaborer des doctrines politiques, pour appuyer des prétentions politiques définies des doctrines afin d’affirmer la supériorité du sacerdoce sur le Temporel.
Les doctrines vont être belles au niveau de la théorie mais il y a une différence de définition sur la pratique.
La Papauté va avoir des différences avec l’Empire, le Royaume d’Angleterre et de France.
Les principales doctrines s’ébauchent.

A) La théorie des deux glaives

Cette théorie des deux glaives trouve son fondement dans la Bible et il y a deux passages dans les écritures:

=>C’est dans l’Evangile de Luc « qu’après la Cène (dernier repas du Christ avec ses disciples) alors que Jésus avait conseillé à l’un de ses disciples qui n’avait pas d’épée de vendre son manteau pour en acheter une. Seigneur , voici deux épées, c’est assez ».

Évangile de Matthieu: « alors que lorsque St Pierre venait de couper l’oreille du serviteur du grand prêtre juif venu pour l’arrêter, Jésus lui fit rengainer son épée ».

Le principal auteur est St Bernard de Clairvaux qui rédigea les principales doctrines. Il va développer la théorie des deux glaives.
Il devient moine assez jeune (au XII ème siècle) dans l’abbaye de Cîteaux et il va développer ce grand ordre monastique.
St Bernard de Clairvaux va tirer de cette histoire des deux épées toute une symbolique, à partir d’un dépassement de la simple séparation du Spirituel et du Temporel.
Cette séparation est quasi impossible à mettre en œuvre.
L’idée est que les deux épées appartiennent à St Pierre donc à l’Eglise par l’intermédiaire du 1er apôtre.
L’une des deux épées symbolise le pouvoir spirituel et l’autre le pouvoir temporel.
Or les deux épées appartiennent à l’origine à l’Eglise. Il y a une opposition totale entre les deux sphères.
Mais le glaive temporel doit être tiré pour l’Eglise et le glaive spirituel doit être tiré par l’Eglise et il est dans les mains du prêtre.
C’est une doctrine faite par un partisan de la Papauté. Il y a une légitimation sur le plan doctrinal.

B) L’affirmation de la suprématie politique de la Papauté (XIII ème siècle).

Le Pape Innocent III qui a régné de 1198 à 1216 (1160-1216) tire les leçons de St Bernard de Clairvaux sur les deux glaives.
Il va développer une autre allégorie, il y a deux pouvoirs le Spirituel et le Temporel et chacun de ces pouvoirs est représenté par deux astres (le Spirituel : le soleil et le Temporel: la lune).
« De même le pouvoir royal en général, l’Etat emprunte à l’autorité du Pape la splendeur de sa dignité ».
On est sur un plan général, à un degré moins poussé que Grégoire VII.

Le Pape Innocent III ne prétend pas exercer le pouvoir temporel. La confusion serait très importante.
Le conflit va se poursuivre avec le roi d’Angleterre et le roi de France.
La Papauté va tirer les bénéfices de l’affrontement entre Jean Sans Terre (roi d’Angleterre) et Philippe Auguste, début XIII ème siècle.
Le Pape Innocent III va prendre le parti de Jean Sans Terre. Le roi de France lui fait observer que le Pape n’a pas à se mêler de ses affaires, c’est un problème de droit féodal.
Jean Sans Terre était sur le plan féodal un vassal du roi de France, il avait à sa domination la Normandie.
Le roi d’Angleterre: l’un de ses vassaux est le Comte de Lusignan qui était le vassal de Jean Sans Terre.

Le roi d’Angleterre enlève la fiancée du Comte de Lusignan, qui, lui, va se plaindre au roi de France (suzerain du roi d’Angleterre).
Sur le plan féodal, cela ne vaut rien « le vassal de mon vassal n’est pas mon vassal ».
Le roi de France ne peut rien faire pour le Comte de Lusignan. Il cite le roi d’Angleterre à comparaître devant la Cour féodale.
Jean Sans Terre refuse, il y a une condamnation par défaut de Jean Sans Terre avec la commise de ses fiefs.
Jean Sans Terre est condamné.
Le Pape prend le parti du roi d’Angleterre Jean Sans Terre, il intervient avec des justifications juridiques en raison du pêché « ratione pecati ».

Dimanche 27 juillet 1214: Bataille de Bouvines
=> Victoire française. On ne se bat jamais le dimanche et cela va légitimer sur un plan religieux la Bataille de Bouvines.

=> Revers face à l’Empire germanique, nouvel affrontement. L’Empereur Frédéric II va mener une guerre violente contre la Papauté. L’Italie sera déchirée entre les partisans du Pape et de l’Empereur. Le conflit se termine par la mort de Frédéric II.
En 1250, la Papauté remporte une victoire.

Dans la lutte qui a opposé la Papauté à l’Empereur germanique, a permis à la Papauté d’assoir sa prétention et elle sort victorieuse de ce conflit.

Dès la fin du XIII ème siècle: avec le Pontificat de Boniface VIII, la Papauté connait le déclin.
L’évènement papal qui entraîne ce déclin est l’affrontement tenant avec Philippe IV Le Bel qui aboutit à une défaite de la Papauté.

Section 2: La doctrine politique de St Thomas d’Aquin

St Augustin: pour la période antique.
St Thomas d’Aquin : pour la période médiévale.

St Thomas d’Aquin est un Lombard né vers 1225.
Très vite, il va se tourner vers la vie monastique dans l’Ordre de St Dominique: les dominicains.
Il va faire des études à l’Université de Paris et étudier la théologie, la doctrine des pensées antiques dont Aristote.
Il va devenir ensuite professeur à l’Université.
Il écrit de nombreux ouvrages dont « La Somme Théologique » en 1260, une des œuvres majeures de théologie chrétienne.

Il meurt en 1274.
Son influence est considérable, une des qualités importantes est son sens de la synthèse et il fait passer la culture. Il a une maîtrise des sources chrétiennes antiques, il a un savoir des auteurs, de la pensée grecque et il a connaissance des philosophes musulmans.

§1: La société politique est naturelle à l’homme

« Il est dans la nature de l’homme d’être un animal social et politique, vivant dans une multitude plus encore que tous les autres animaux, comme le montre la nécessité ».
Il va s’écarter de la pensée patristique antique en ne voyant plus le pouvoir comme une conséquence du pêché.
Le pêché n’a pas un grand rôle, le pouvoir politique est un élément naturel de l’homme.
Si il était donné à l’homme de vivre seul, il pourrait se diriger lui-même mais aucun homme ne peut se suffire à lui-même .
Le groupe prime sur l’individu.
On est dans une société holistique opposée à individualiste. Il doit donc vivre en société pour pouvoir évoluer. L’homme a l’instinct de vivre en société.

La société englobe les hommes mais ne les absorbe pas. La société doit assurer la suffisance matérielle et spirituelle. Il faut pour que l’ordre règne, qu’il y ait un gouvernement, l’homme serait éparpillé. Il faut une sorte de force directrice.
L’autorité répond à une nécessité, le pouvoir procède in abstracto de Dieu car Dieu est le créateur de tout.
Le pouvoir en tant que réalité naturelle est fait par tous les hommes (concrètement).
Le pouvoir est purement humain. Le choix de ce titulaire relève d’une désignation purement humaine cela contredit la Monarchie de droit divin.
L’existence de la société pose le choix du gouvernement donné aux hommes.

§2: Les formes de gouvernement

On distingue trois formes de gouvernement: la Monarchie, l’Aristocratie et la République; ces 3 formes de gouvernements sont vus comme justes.
Aristote distingue 3 formes de gouvernements injustes: la tyrannie, l’oligarchie et la démocratie car elles n’existent pas en vue du bien commun de la multitude.
Or les chefs doivent chercher le bien commun du peuple.
St Thomas d’Aquin préfère la Monarchie mais ses motifs sont très différents de ceux d’Aristote.
St Thomas d’Aquin développe l’idée que tout gouvernement naturel est exercé par un seul.
Ainsi parmi les multiples organes il y a le cœur qui les émeut tous. L’homme doit imiter cela.
Au mieux s’oppose le pire: la tyrannie.
Il faut opposer  la résistance à la tyrannie mais jamais jusqu’à supprimer le tyran.

En théorie, le meilleur Gouvernement est la Monarchie, beaucoup de monarchies peuvent se pervertir en tyrannies. Il faut un régime mixte.
L’idée est que dans toute société, tout le monde ait une part infime de pouvoir.
Il y a le roi et ensuite d’autres qui accompagnent le pouvoir royal et le petit nombre pourra être élu.
Dans l’Ancien Testament , il y a Moïse et ses successeurs (72 anciens choisis pour leur sagesse).
Un tel régime mixte: commander à être gouverné.

§3: Les qualités et les devoirs du Bon Gouvernement

St Thomas d’Aquin s’interroge sur les qualités et les devoirs du Bon Gouvernement. Il doit laisser la situation au moins aussi bonne et au mieux augmenter la prospérité si cela est possible.
Que veut dire bien gouverner? Il s’agit de conduire la Cité vers le bien commun.
Les actes communs (connus) doivent avoir pour objectif à chacun de ne pas commettre des délits.
Délibérer , juger, commander: tout ceci doit se faire : le socle commun est la justice mais il se cache un poids particulier la loi.
Qu’entend-il par loi? On peut entendre 3 choses: la loi divine, éternelle mais elle n’intervient pas de manière directe.
=> Les lois divines sont immuables.
La loi naturelle est issue de la loi divine « est comme une participation de la Loi éternelle dans la créature raisonnable ».
Le droit naturel condamne le meurtre et d’autres principes.
=>La loi humaine n’appartient que dans le sillage des deux précédentes. La loi naturelle condamne le meurtre, la loi humaine doit définir le meurtre et doit le punir.
Le droit divin ne punit pas directement les homicides.
La loi humaine est commandée par la raison, doit être ordonnée en vue du Bien commun.
Le gouvernant doit être guidé par la justice. La vertu permettra de parvenir à la jouissance de Dieu qui est le but ultime.
Cette distinction permet d’affirmer la supériorité du Spirituel sur le Temporel. Les rois doivent être soumis au Pape car il revient à celui-ci la charge de tous les comptes.
On approche d’un bouleversement en faveur de la supériorité du Temporel.

Section 3: L échec du sacerdotisme

Les progrès de la puissance pontificale se heurtent au développement, à la croissance de certains Etats.
La dynastie capétienne prend le pouvoir.
Le capétien va assoir son autorité sur le Royaume de France; le roi de France Philippe Le Bel et sa royauté ne ressemble pas à la royauté de Philippe Auguste.
Il s’agit d’un effort qui va être vécu par la Papauté.

§1: La querelle Bonifacienne et l’affirmation de l’indépendance du roi de France

A) Les éléments de conflit

Boniface VIII est le continuateur, avec l’idée que le Spirituel doit dominer. Il essaie de s’adapter pour définir la position de son Eglise alors que le contexte est difficile.
Il y a un décalage entre le contexte qui évolue et ses idées. Son adversaire est Philippe Le Bel. Il va être le 1er à s’entourer d’hommes de droit, de juristes.
Mais il y a un problème d’argent à la base.
Il y a création d’une taxe exceptionnelle. Philippe  Le Bel décide de taxer pour faire rentrer de l’argent.
Or le droit canonique veut que toute taxe recueille le consentement du Pape.
Il s’agit de l’impôt : la décime « querelle des décimes », le Clergé doit donner 1/10 ème de ses revenus.

En 1295: Philippe  Le Bel se passe de l’autorisation pontificale

En 1296: Le Pape émet une Bulle (document pontifical) qui sans nommer directement le Roi de France rappelle qu’on ne peut prélever de taxe sur le Clergé sans son autorisation.

Le Roi veut étouffer la Papauté. Le Pape revient sur sa Bulle « il faut mon autorisation sauf en cas de nécessité urgente »
On ne vient plus et le Roi se fait des ennemis.
En 1300: il fait arrêter Bernard Saisset et le convoque, c’est un évêque. C’est un ennemi notoire du Roi , il aurait tenu des propos insultants sur le Roi.

« Privilège du For »: l’ecclésiastique ne peut être jugé que par une Cour ecclésiastique.
Boniface VIII se plaint et envoie une Bulle « ausculta fili » « écoute fils » s’adresse au Roi.
Il y a supériorité du Spirituel sur le Temporel.
Il condamne Philippe Le Bel car il juge les clercs, il prend les biens de l’Eglise et altère les monnaies.
Boniface VIII prétend juger le Roi de France pour ce qu’il est.
Il veut faire traduire le Roi de France devant un tribunal.
Les légistes vont falsifier la lettre « la Bulle » du Pape afin de faire croire que le Roi est soumis au Spirituel et au Temporel avec l’idée d’exciter l’opinion publique.
L’opinion publique est scandalisée.

En avril 1302: Le Roi convoque une très grande assemblée, des grands nobles et des républicains des villes Franches (qui ont un statut d’autonomie), c’est la préfiguration des Etats généraux: Tiers-Etat, Noblesse et Clergé.

Pierre Flote, l’un des légistes de Philippe Le Bel dénonce la prétention du Pape de se placer au sommet du Roi en matière temporelle.
Boniface VIII publie une nouvelle Bulle « Unam Sanctam » qui contient un résumé; la doctrine politique de la Papauté de l’époque.
Le pouvoir Spirituel de l’époque, le Pape peut instituer le pouvoir temporel et juger le cas échéant.
Il faut que le Roi se soumette au Pape. L’un des principaux personnages est Guillaume de Nogaret qui va suggérer au Roi de réunir un concile d’évêques de France pour juger le Pape.
Guillaume de Nogaret va en 1303 se rendre dans le Château d’Anagni pour faire capturer le Pape.

Entre temps, la foule italienne apprend que quelqu’un s’est introduit dans la résidence pontificale.
Le Pape met un claque et meurt quelques jours après.
Dans les mois qui suivirent, un Évêque de France devint Pape Clément V qui est beaucoup plus modéré à l’égard du Roi de France.

1311: Le conflit se termine, Victoire des légistes royaux

B) Les doctrines pontificales

Gilles de Rome, un des disciples de St Thomas d’Aquin qui enseigna à Paris, Archevêque de Bourges. Partisan de la doctrine pontificale est favorable au Pape. Il a écrit différents ouvrages.
Sa théorie repose sur la vision d’un monde soumis à une hiérarchie unique où le pouvoir des inférieurs (glaive temporel) dérivent du pouvoir des supérieurs (glaive spirituel).
Les princes sont soumis au spirituel; ils relèvent  en tant que pouvoir inférieur du pouvoir spirituel.
Le Pape possède une plénitude de pouvoir « le Pape et son pouvoir répand le poids sous le poids… »: son pouvoir est illimité.

Jacques de Viterbe: moine , professeur  à l’Université de Paris, contemporain de Gilles de Rome développe l’idée suivante « Une Eglise est assimilée à un royaume ». Seul le Roi a la puissance totale et parfaite parce qu’il détient la puissance spirituelle.
Il est juste que le Pape vicaire du Christ ait la plénitude des pouvoirs car il a la totalité du pouvoir de gouverner car c’est le représentant du Christ sur terre.

C) Les doctrines/ les théories affirmant l’indépendance du Roi de France

Jusqu’au XII ème siècle, le Roi de France a un rôle symbolique et apparaît aux yeux de tous comme un seigneur et le seigneur le plus important du royaume.
Le roi de France est tout en haut de la pyramide féodo vassalique. Tout le travail capétien est de dépasser cette posture de seigneur des seigneurs et au dessus de tous.
Le capétien lutte militairement , économiquement et sur le plan de la doctrine en ayant de plus en plus recours aux juristes (les légistes).

Ces légistes sont formés au droit romain, il y a deux droits enseignés à l’époque: le droit romain et le droit canon.

Le roi de France va surveiller le droit romain car le droit romain avait de très nombreux textes qui évoquaient la personne de l’Empereur.
Les légistes vont récupérer tout cela pour en faire bénéficier le roi de France afin de légitimer sa puissance.
On dégage des maximes et des adages tels que « Le roi de France est Princeps (1er) en son royaume »: issu de l’auteur canoniste du XIII ème siècle Guillaume Durand.
Cette formule est reprise à partir du XIV ème siècle, le Roi de France est Empereur en son royaume.
Désormais, il est la juridiction suprême en son royaume.
Jusqu’au XIII- XIV ème siècles il n’y a pas de loi unifiée dans tout le royaume.

Fin XIII ème siècle: Beaumanoir, grand juriste qui publie en 1283 une compilation « les coutumes de Beaumanoir »: recueil de coutumes s’appliquant dans cette région « le Roi est souverain par-dessus tout »; c’est écrit en vieux français.

Développement de doctrine souvent en faveur du Roi capétien.
Jean de Paris fin XIII ème siècle (1300) va critiquer les doctrines de Gilles de Rome.
L’Etat (la Res Publica) est antérieur au Christianisme et de ce fait le pouvoir spirituel n’a pas de pouvoir sur le temporel: le Pape n’a pas de pouvoir sur l’Etat.
Jean de Paris cherche une position d’équilibre par rapport aux prétentions pontificales et les prétentions du Roi de France.
Il dit qu’il y a une possibilité d’intervention en cas d’hérétiques endurcis, le Pape peut exercer le pouvoir sur le Roi de France.

Sur le fondement de cette doctrine, plusieurs doctrines vont se développer et elles seront plus poussées en faveur du monarque.
Il faut jeter les bases d’intervention, mais il y a possibilité pour le Roi de France d’intervenir dans les affaires ecclésiastiques en France: ce sont les racines même du Gallicanisme ie indépendance de l’Eglise au sein de la Papauté.

Il y a différents auteurs qui vont s’illustrer dans le développement des doctrines en faveur du roi de France.
1376-1382, Nicole Oresme, à l’époque de Charles V (1364-1381) va développer la souveraineté du Roi de France en son royaume y compris sur les affaires ecclésiastiques pour ce qui touche le temporel « le songe du vergier »: il s’agit d’un dialogue imaginaire et l’auteur rêve qu’il est dans un verger plein de fleurs et au milieu duquel il y a le trône de Charles V et près de celui-ci se trouve deux reines: l’une est la puissance spirituelle à sa droite et l’autre reine à sa gauche est la puissance temporelle, invitant le Roi à arbitrer le débat entre ses amis et les ecclésiastiques et il invite la reine à se choisir un champion pour défendre la cause: il s’agit d’un débat entre un clerc et un chevalier.
Aucun des deux ne dénie au Pape la juridiction spirituelle sur toute la chrétienté.
Le but premier de cet ouvrage est l’affirmation de l’indépendance du roi de France temporelle.

Jean Gaudemet:  pour sa part « au monisme politico religieux du premier Moyen-âge (Haut Moyen-âge) se substitue désormais la bipolarité de l’Eglise et du pouvoir séculier ».
Au XV ème siècle , la Papauté entame un refus et le rapport de force change.

~ par brynhild900 le mai 5, 2010.

Une Réponse to “Histoire 6”

  1. Thanks for making such a valuable blog, sincerely Kobos Mathers.

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